Le blog de MVR à Méry sur Oise

Avec une journée d'action du 24 janvier dernier très réussie, les enseignants se sont fait remarquer comme la catégorie de fonctionnaires s'étant les plus mobilisés. Cette journée nationale d'action dans la fonction publique a également été suivie par les enseignants mérysiens.
Le gouvernement en avait profité pour tenter de mettre en difficulté les municipalités de gauche en mettant en test son "service minimum", ce qui a en fait ajouté aux motifs de mécontentement.. A Méry, nous avons fait le choix de ne pas mettre en oeuvre la directive Darcos sur le service minimum qui consiste à faire financer les moyens de substitution de type garde d'enfant par les retenues sur salaire des grévistes. Le CLSH a accueuilli quelques 35 enfants pour lesquels les parents n'avaient pas trouvé de solution de garde. Quelque part, si je peux me permettre un trait d'humour, il serait bon que les parents ne se fassent pas payer leurs jours de RTT pour pouvoir en utiliser encore lors des prochaines journées d'action !
Après cette digression sur Darcos, retour sur les motifs du mécontentement des enseignants. manif240108.jpg
Le principal motif c'est le manque de reconnaissance qui leur est signifié en retour de l'extra ordinaire dévouement qu'ils manifestent au quotidien pour exercer un métier de plus en plus difficile. Pour appuyer ce propos, chacun d'entre nous qui a au dela d'une trentaine d'années, se souvient du degré de respect dont bénéficiait le statut d'enseignant: et aujourd'hui !? No comment..malheureusement. Le malaise est sociétal et on peut faire une comparaison avec la même appréciation portée auprès des ouvriers ou des employés. La quasi disparition de la conscience de "classe" dans notre société y est pour beaucoup. Cette disparition est la conséquence d'une individualisation forcenée de notre société menée par les "libéraux" (c'est leur fond de commerce..), mais aussi par une frange importante des sociaux démocrates..
Vient ensuite la revendication pour une revalorisation des salaires. D'après le SNES (source Politis), "la rémunération d'un professeur certifié du second degré en début de carrière correspond aujourd'hui à 1,24 SMIC alors qu'il équivalait en 1981 à 2,07 SMIC".
On ajoute à cela les charges de travail qui vont croissant, les moyens en baisse, les effectifs adultes en baisse (enseignants, surveillants, bibliothécaires..), sans parler du contenu revu lui aussi à la baisse depuis la mise en oeuvre du trop célèbre "socle commun de connaissances" et la boucle est bouclée..
Enseignants, fonctionnaires, salariés du public ou du privé, nul doute que cette seule journée ne suffira pas et que d'autres, plus larges, seront nécessaires pour aboutir à des résultats ! Je serai de ces combats dans les semaines à venir..! La section Messageries prépare un excellent mojito sur les manifs.. Rendez vous au camion rouge du 93.
Sam 26 jan 2008 1 commentaire
Service Minimum ou service de substitution ??? Déjà les mairies avaient la possibilité (par un texte réglementaire)d'ouvrir les centres de loisirs les jours de grève si les écoles étaient fermées... Rien avoir avec ce qui est proposé par Mr Darcos... Le service est payant pour les familles , il ne dépanne effectivement que les familles qui sont dans l'impossibilité de garder leur enfant parce qu'elles travaillent.En plus il fallait que l'école soit fermée et tous les enseignants grévistes. Car si l'école était ouverte, un service minimum était mis en application par les enseignants présents... Les parents comprenant très bien qu'un enseignant ne pouvait pas accueillir 60 élèves. Ne se présentaient que les parents qui n'avaient pas pu trouver d'autres modes de garde. D'ailleurs, La FCPE s'est prononcée clairement contre le système mis en place par Mr Darcos, dénonçant les jours de non remplacement des enseignants absents pour maladie ou autre qui ne sont pas 1 ou 2 journées par an, mais bien des centaines d'heures de cours non assurées et perdues pour les élèves... Il est évident qu'il s'agit de provocation car à augmentation du pouvoir d'achat, on nous répond "service minimum"... que nos salaires des jours de grève vont servir à financer des travailleurs pour accueillir les élèves (ils servaient à quoi avant nos salaires des jours de grève ?)...Et là est le danger car même si l'école est ouverte... il faut rendre service aux parents... Mais EST CE RENDRE SERVICE AUX PARENTS DE SUPPRIMER DES MILLIERS DE POSTES D'ENSEIGNANTS ??? ... car si les subventions versées sont les mêmes dans le public comme pour le privé ( 1 euro pour le public = 1 euro pour le privé), lorsqu'il y a suppression de postes, la règle n'est plus appliquée aussi égalitairement (1 poste supprimé dans le public n'est pas 1 poste supprimé dans le privé)... L'addition est vite faite : même budget, plus d'enseignants, moins d'élèves par classe...on se demande quels sont les parents que l'on veut le plus aider... DONC QUELS ELEVES L'ON VEUT VOIR REUSSIR ??? sans repartir dans une vieille querelle de clocher... mais ceux qui sont en face ne sont-ils par en train de creuser les tranchées en attaquant de tous côtés ? Le discours à Rome me fait dresser les cheveux sur la tête... Qui mieux qu'un enseignant peut défendre les valeurs de la République, les bases morales de notre société laïque ? Même si notre salaire est garanti à la fin du mois, lorsqu'il faut passer à la caisse pour faire nos achats, j'entends beaucoup de mes collègues qui ne peuvent plus assumer l'indispensable. Seules avec des enfants, elles sont comme beaucoup de travailleurs à vivre à la limite du seuil de pauvreté (car payant des impôts et sans pouvoir bénéficier d'aides, les factures doivent être payées...) ! Il ne faut plus avoir honte de le dire... Enseignant n'est plus un "privilège"... la dégradation des conditions de travail, le salaire qui ne permet même plus de partir en vacances (c'est bien la peine d'en avoir autant- je plaisante...) et le mépris de notre employeur... l'absence de reconnaissance en doutant de nos compétences et de notre volonté de faire chaque jour notre métier du mieux que l'on peut pour aider la jeunesse de notre pays à devenir des citoyens responsables et formés pour construire leur projet personnel! Il est loin le temps où les maires protégeaient les enseignants de la République pour venir enseigner dans leur commune... Je ne parle pas de tous les maires et je salue le courage des maires de Gauche comme à Méry qui ne sont pas tombés dans le panneau (de la peur de perdre des voix aux prochaines élections ) et n'ont pas signé la convention de Mr Darcos.
Un enseignant - le 28/01/2008 à 22h48