Mercredi 3 février 2010
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Le Président du Parti de Gauche et député européen Jean Luc Mélenchon nous a consacré deux heures afin que nous (nous, c'est à
dire une petite délégation de trois syndicalistes CGT de Presstalis) puissions commencer à lui brosser la situation de la distribution des la presse en
France. Il s'est montré très attentif et très intéressé par le sujet. Nous lui avons donc fait un état des lieux de la situation et des perspectives. Une première prise de contact
avant d'autres échanges.

Après la tenue en 2009 des états généraux de la presse, menés sous l'impulsion de notre omni président de la République, les stratèges des grands éditeurs (amis du pouvoir : Lagardère, Bolloré et
autres Dassault..) avaient pré mâché le travail et les résultats des groupes de travail se sont révélés conformes aux désirs de ces puissants.

La presse écrite, de véhicule des pensées et des idées, a été peu à peu appréhendée par ces capitaines d'industrie comme un produit marchand comme les autres. Il s'agit donc de mettre à bas tout
ce qui peut entraver les profits de ces groupes financiers. Le chef de l'état souhaite que notre pays se dote de puissants groupes de presse et de média qui pourront contrôler presse écrite et
audiovisuelle.
Dans le domaine de la presse écrite, l'oeuvre du capital a donc fait son oeuvre. Les transformations technologiques ont considérablement bouleversé les modes de production dans les salles de
rédaction ainsi que dans tous les métiers du "pré presse", de l'impression. La distribution a aussi dû suivre. Partout, les effectifs ont fondu comme neige au soleil ! Mais çà ne sera
jamais assez..
Le stade qui nous occupe ici est celui du démantelement du système de distribution.
Lorsque les personnages politiques proches de ces groupes de presse ont été quelque peu frileux à l'idée de mettre au débat public de la représentation nationale. En effet, la distribution de la
presse est régie par une loi de 1947 (loi Bichet) issue des orientations du CNR, dont on sait que N. Sarkozy souhaite effacer jusqu'au souvenir..
Cette loi édicte que "le groupage et la distribution des plusieurs journaux et publications périodiques ne peuvent être assurés que par des
sociétés coopératives de messageries soumises aux dispositions de la présente loi".

Dans la pratique, cela revient à faire partager les différents coûts de distribution et de mise en vente par les différénts éditeurs qui confient leurs titres aux messageries. Cela dans un esprit
de "solidarité" financière puisque l'on mutualise ainsi les coûts. Les gros aident les petits à être présents au même degré de disponibilité sur l'ensemble des points de vente. C'est cela que
l'on veut détricoter, mais sans le faire savoir.., en contournant la loi Bichet et avec l'assentiment du gouvernement !
A très court terme, c'est la mort des petits titres de presse, mais aussi la disparition de la possibilité du lecteur de faire son choix en toute liberté puisqu'il ne trouverait plus son titre
qu'aux endroits où les éditeurs l'auraient choisi. Cette façon de faire tire un trait sur la diffusion des idées et des pensées. Les gros ne veulent plus payer pour les petits.
Nous nous attendons donc, à la suite de la désignation par Matignon d'un haut fonctionnaire pour se pencher sur la situation de Presstalis, à ce que çà "saigne" dans les semaines à venir.
Le dialogue social longtemps vanté par la direction générale des ex NMPP (Presstalis aujourd'hui), n'est plus à l'ordre du jour. Les suppressions de postes annoncées ou évoquées à demi mots pour
d'autres, la réforme de la logistique en cours, ainsi que la "diversification" des produits, font craindre le pire.
Alors que Fillon et Sarkozy discourent sur le maintien des séniors dans l'activité, il est à craindre que le bataillon des salariés en cessation anticipée d'activité ne vienne à croître, comme
c'est déja le cas depuis plus de 20 ans. Et avec eux, la fin du libre accès à la presse.

Quoi qu'il en soit, nous avons, comme à chaque annonce de réforme, des alternatives industrielles (dans les imprimeries, pour la distribution et y compris pour les diffuseurs ou marchands
de journaux) à faire valoir. Il en va d'une certaine forme de service public de l'accès à la presse.
Reste à les faire entendre !
Lire aussi :
Etats généraux de la presse..
Par MVR
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Publié dans : national
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