Mardi 30 juin 2009
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Extrait de "A Gauche", auteur, François Delapierre.
Ce 22 juin fait figure, avec son congrès de Versailles, de symbole de la dérive monarchique, autocratique, de notre République.
Les élus du Parti Communiste, des Verts et du Parti de Gauche n'ont pas voulu le cautionner.
non que le boycott nous enchanta? Lorsqu'on se présente aux suffrages des électeurs pour devenir membre d'une institution, c'est pour
y siéger. Autrement, nous, partisans d'une sixième République, n'irions nulle part.. Et pourtant !
Et pourtant,
cette fois, il fallait marquer le coup. Rappeler que nos élus se sont opposés à la réforme constitutionnelle de juillet 2008 qui a permis à Nicolas Sarkozy de fanfaronner à Versailles. Partisans
d'un régime parlementaire, ils ont dénoncé en son temps, ce qui s'avère être la consécration d'un régime présidentialiste : un président qui s'adresse en grande pompe à des parlementaires réduits
au silence en sa présence mais invités à un simulacre de débat, "ne donnant lieu à aucun vote", une fois celui ci parti.

Au changement de forme s'est en effet ajouté un changement de fond.
Avant juillet 2008 le chef de l'état pouvait s'adresser au Parlement mais sous forme écrite. Ses messages étaient anodins ou très politiques, mais n'avaient jamais la teneur de
celui livré par Nicolas Sarkozy : un texte de politique générale annonçant les réformes à venir. Lesquelles, en l'occurrence, continuent la destruction du modèle social républicain en
affaiblissant le rôle de l'état, réduisant le nombre de fonctionnaires et d'élus locaux, et mettant à mal les retraites.
Enfin, cette pantomime versaillaise a mis en évidence l'aberration constitutionnelle qui permet à un chef d'état de fixer la feuille de route de son gouvernement sans avoir à
en répondre directement devant le Parlement, alors que son premier ministre, réduit au rôle de grand ordonnateur de la politique présidentielle, demeure seul responsable.
L'article 20 de la Constitution stipule en effet que "le gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation... Il est
responsable devant de Parlement". Et l'article 21 que "le premier ministre dirige l'action du gouvernement"..
Rappelons que cette réforme constitutionnelle a été votée avec seulement deux voix de majorité. Sans la compromission de plusieurs élus de gauche, elle ne serait jamais
passée !
Par MVR
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Publié dans : national
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