Partager l'article ! Comment faut il analyser les résultats du vote au PS ?: La "logique comptable" tout d' abord. Premier constat assez regrettable, ...
Premier constat assez regrettable, voir consternant : une participation de 60% seulement à un scrutin lorsqu'il s'agit pour des militants politisés (cela resterait d'ailleurs à démontrer pour les
mêmes raisons d'ailleurs..) de savoir, au dela de qui sera leur nouvelle secrétaire nationale, quelle ligne politique ils veulent voir leur parti défendre. A croire que 40 % s'en moquent, qu'ils
se sont résignés ? De quoi avoir peur des proches lendemains, au PS et dans le pays, s'il s'agit de faire confiance à un mouvement politique dont même les militants peinent à consacrer quelques
minutes de leur temps pour déterminer leur avenir ! Heureusement, il en est tout de même demeuré 60% pour croire à l'importance de leur devoir de militant.
Second constat, il faut reconnaitre que même si elle n'est pas sortie désignée comme première secrétaire (encore qu'il faille attendre le prochain conseil national pour être fixés ou peut être
pas d'ailleurs...), Ségolène Royal est sortie renforcée de ce congrès. La ligne politique qu'elle souhaite voir appliquée au PS, puis au pays au cas où le parti reprendrait le pouvoir, est
arrivée en tête lors de la consultation sur les motions. Elle même était la candidate au poste de premier secrétaire arrivée devant tous les autres candidat(e)s.
Enfin, parce que malgré une arythmétique qui devait faire élire Martine Aubry dans un fauteuil, un nombre très important des voix allées à Benoit Hamon au premier tour s'en sont allées en
définitive chez Ségolène Royal au second tour.
Et maintenant la "lecture politique" du moment vécu.
Ces leçons de chiffres étant posées, il faut maintenant prendre acte que nous venons d'assister à la mutation du PS. Progressivement, au fil des années, au rythme des congrès, déclaration de
principes après déclaration de principes, le PS a pris une direction qui s'apparente à la conception américaine du socialisme, la direction "démocrate".
Ségolène Royal le revendique d'ailleurs à mots couverts lorsqu'elle évoque les alliances avec d'autres forces politiques que celles des alliés de gauche du PS.
Martine Aubry, et ses soutiens, ont également intégré une partie importante de cette dérive qui éloigne le PS de la ligne socialiste. Malgré un discours aux accents gauchisants, le contenu des
propositions inscrites dans sa motion faisait état d'un positionnement moins radical. L'exigence d'une hausse du SMIC (3.090.000 salariés payés au smic en France..) ? Pas d'objectif chiffré ! Un
parti de militants politiquement engagés ? On propose de désigner le candidat du parti par des primaires..
Et Benoit Hamon alors..? ah Benoit..! 20% des voix au premier tour mais dont une partie non négligable qui vote pour Ségolène Royal dès le lendemain pour le poste de premier secrétaire. Il ne
pèse déja plus ces 20%. Que va t il pouvoir faire en interne alors que congrès après congrès la gauche du PS s'étiole ? Il devient hélas illusoire de croire encore pouvoir freiner la mue du PS de
l'intérieur.

A celles et à ceux qui ne se résignent pas à ce triste constat, à ces militants de gauche, il faut dire qu'une alternative à ce "glissement" met en marche depuis la création du Parti de
Gauche. Ils sont déja plusieurs milliers à s'être mis en marche pour grossir les rangs du PG et en entraînent beaucoup d'autres.
Dans ces moments de construction, ils peuvent prendre part à l'écriture même de ce que seront les statuts et les principes de ce parti. La ligne politique, c'est eux qui l'écriront ! Pas
l'appareil ou ses adeptes !
"Un chemin d'action se dessine, une parole se lève qui appelle le capitalisme par son nom, qui n'aligne pas les formules floues pour préserver des équilibres inertes". (F. Delapierre dans A
Gauche du 29/11)
Courage camarades, venez prendre part à cet acte fondateur d'un renouveau à gauche ! Vos efforts seront payés de retour par le peuple de gauche.