Mercredi 28 mai 2008
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12:00
Il y a quelques mois de cela, au détour d'un tract de PRS à propos des retraites des régimes spéciaux, on pouvait lire :
Quand la droite parle «d’égalité» entre les salariés, il faut s’attendre à encore plus d’inégalité entre les riches et les pauvres… Alors à nous de proposer
notre vision de l’égalité. Et pour cela il est nécessaire de revenir sur la question du financement des retraites.
Pour parvenir à ses fins, la droite a préparé les esprits à la nécessité d’une «réforme des retraites» qui abaisserait leur niveau. La thèse de l’impossible financement comme celle de
l’augmentation de l’espérance de vie ont été patiemment introduit dans les têtes. Il ne serait plus possible de partir à la retraite aussi tôt du fait des courbes démographiques et du coût
exorbitant des retraites pour les actifs. Pourtant, aujourd’hui la richesse produite ne cesse d’augmenter. Il faut sans cesse moins de salariés pour produire davantage. Pourquoi cela ne bénéficie
pas au système de retraite ? Cela renvoie à l’enjeu de la répartition des richesses ainsi créées.
Pour le Conseil d’Orientation des Retraites «il était possible de maintenir le niveau des retraites à condition d’augmenter les cotisations retraites de 15 points en 40 ans». Cela représente une
augmentation de 0,38 point par an. Bien sûr, le principal opposant à cette proposition est le Medef, qui prétend qu’une augmentation de 0,25 point pour les cotisations patronales et de 0,13 point
pour les cotisations salariales est impensable. Or ceci est au contraire non seulement possible, mais largement souhaitable.
Le financement des retraites c’est d’abord une question de redistribution de la richesse produite. L’augmentation de productivité du travail voit progresser la richesse créée. Ce surplus de
productivité doit donner lieu à une progression des salaires et cette augmentation des salaires permettrait d’augmenter les cotisations sans que cela réduise le salaire net…
Cela n’empêcherait ni les profits ni les salaires directs d’augmenter. 160 milliards d’euros annuels ont été gagnés par les profits au détriment des salaires au cours des 25 dernières années. Si
l’on revient sur cette évolution, une autre logique devient possible.
On pourrait ainsi :
• faire progresser le taux de reversion en augmentant les cotisations et lier cette augmentation au retour à un calcul sur les 10 meilleures années dans le privé.
• supprimer le plafonnement des cotisations qui fait que plus on gagne, moins on cotise en proportion. En Alsace Moselle, les cotisations sociales ne sont pas plafonnées et leur caisse de
retraite n’est pas déficitaire.
• imposer la totalité des richesses produites en étendant l’assiette à tous les éléments de la rémunération : primes, plans épargne entreprises, participation, intéressement, dividendes… car la
part de ces revenus exonérés de cotisation est de plus en plus importante, ce qui contribue à aggraver les déséquilibres des régimes de retraite par répartition.
• supprimer la fiscalité «intéressante» de l’actionnariat quelles qu’en soient les formes.
• pour financer des retraites égales à 75% du salaire, il faut évidemment que l’augmentation des cotisations soit portée plus rapidement par les cotisations patronales.
• accorder une année de cotisation tous les cinq ans aux métiers reconnus pour leur pénibilité (la liste devant être élargie à de nouveaux métiers)…
Ces lignes sont toujours d'actualité et on peut ajouter que les choses s'exacerbent malheureusement devant le constat de l'appauvrissement des
retraités. L'inflation repart et les revalorisations demeurent au ras des paquerettes. (mais puisque je vous dis que les caisses sont vides nous dit N. Sarkozy.. Il le sait d'autant plus que
c'est lui qui a creusé le déficit lors de son passage à Bercy. Et, pour faire bonne mesure, il ferme le robinet des recettes en abaissant les impôts des plus gros !).
Le calcul des retraites sur les 25 meilleures années ont un effet de "lissage" sur le montant des retraites puisque le salaire moyen sur 25 ans est inférieur à celui calculé sur les 10 meilleures
! Ajoutons à cela un allongement de la durée de cotisation à 41 années, l'effet mécanique sera un peu plus accentué mais quand dans le même temps les entreprises se délestent de leurs salariés
les plus anciens bien avant 60 ans..on peut s'attendre à voir la situation se détériorer encore plus.
Comme on le disait en 1968, "Soyez raisonnables, demandez l'impossible!". Les solutions ci dessus sont réalistes et ne mettraient pas en péril l'économie du pays. D'autant que c'est le
rôle de l'économie de pourvoir au bien être des hommes et pas le contraire..
Cerise sur le gâteau du pouvoir d'achat, Sarkozy nous ressort le couplet de la participation (suivi dans ce discours par bon nombre de camarades socialistes soit dit en passant) ! Mettons les
salariés (qui sont déja à la merci de leur patron par le biais du contrat de travail) un peu plus sous sa coupe, en leur faisant partager l'objectif sacro saint des nécessaires gains de
productivité qui passeront à un moment ou à un autre par la dégradation de leurs conditions de travail pour accroître la productivité ou par un abaissement de la masse salariale et donc des
effectifs, ou encore des efforts sur les salaires pour "assurer la compétitivité" etc... L'élément le plus sûr du salaire, c'est encore et toujours "le taux horaire" : c'est lui qu'il faut faire
augmenter ! En piochant sur les bénéfices non ré investis par exemple ! En plus, les cotisations sociales étant pour le moment assises sur les salaires, les rentrées dans les caisses des
organismes sociaux n'en seront que meilleures..
Tout se tient mais il est clair que ce n'est dans ce sens d'amélioration que tirent Fillon Bertrand et consors. A nous de tirer plus fort qu'eux ! Et pour ma part, je refuse les 41 ans même au
prix d'une "amélioration du taux dans l'emploi des séniors" défendue par certains syndicats..
Ce soir 28 mai, je serai dans les locaux de mon entreprise NMPP à Stains. Pas pour y travailler, mais pour participer à un meeting de la Presse dans le cadre de la lutte syndicale menée par les
salariés des NMPP pour défendre le maintien d'un centre nationale de traitement des magazines, des agences régionales de messageries et accessoirement pour que mes collègues et moi ayons un
travail après le 31 décembre prochain !
Par MVR
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