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Jeudi 17 avril 2008 4 17 /04 /Avr /2008 17:37
C'est à une offensive d'une ampleur inégalée contre le service  public d'éducation public que se livre la droite. La logique est purement comptable et l'incurie du paquet fiscal de 15 milliards annuels ajoutée aux soubressauts de l'économie obligent la droite à faire fi de l'avenir de nos jeunes! 
Parents, ne laissez pas vos enfants seuls à se battre aux côtés de leurs enseignants ! L'heure est à la mobilisation.

Lisez ci dessous quelques éléments de compréhension et agissez avant qu'il ne soit trop tard !


Les mensonges de Darcos : le faux argument de la baisse démographique

 

Depuis 2002, les gouvernements de droite ont déjà supprimé plus de 30.000 postes dans l’éducation nationale. Viendront s’y ajouter 11.200 suppressions à la rentrée 2008. A chaque fois, la droite justifie ces suppressions en invoquant une baisse massive des effectifs d’élèves dans les collèges et les lycées. Ce n’est qu’un prétexte. La preuve : les suppressions touchent aussi fortement toutes les filières, y compris celles qui ont gagné des élèves comme l’enseignement professionnel (+20.000 élèves depuis 200). Et les suppressions de poste s’intensifient d’année en année alors qu’à l’inverse la baisse démographique ralentit ! Drôle de logique arithmétique. Par exemple dans le second degré à la rentrée 2008 il y aura 6700 postes d’enseignant en moins pour une baisse attendue de 14.000 élèves. Cela veut dire que l’on supprime un poste à chaque fois qu’il y a 2 élèves en moins, ce qui est complètement disproportionné !

Des lycées sinistrés et des écoles primaires débordées

 

Dans ces conditions, non seulement de nombreuses options et filières disparaissent, mais les lycées vont aussi devoir rogner sur les horaires obligatoires et légaux faute d’heures disponibles. Cela a conduit près de 80% des conseils d’administration des lycées à voter contre les dotations horaires (Dotation Horaire Globale) pour la rentrée 2008 (ce fut également le cas au collège de Méry qui subit la même règle de baisse de la DHG!), ce qui n’était jamais arrivé dans de telles proportions !

Dans les écoles primaires et maternelles qui connaissent un afflux démographique, on ne créé qu’un poste pour 53 élèves en plus. C’est une nouvelle illustration de la fausseté de l’argument démographique invoqué par le gouvernement. Le taux d’encadrement est donc en chute libre dans les écoles. Dans les zones difficiles, l’accueil des moins de deux ans recule fortement. Cela place les communes concernées, souvent pauvres, dans des situations critiques car elles n’ont pas de dispositifs alternatifs de garde pour accueillir des centaines d’enfants refoulés de l’école publique (crèches, garderies..).

 

Une politique à courte vue

 

Cette politique est d’autant plus aberrante qu’elle est à courte vue ! Le boom démographique constaté dans le primaire depuis 5 ans va en effet se répercuter sur le second degré. Rien n’est prévu pour faire face à partir de 2010 à cette remontée des effectifs en collège puis en lycées puisque les postes ouverts aux concours de recrutement d’enseignants sont en chute libre (moins 50% depuis 2002).

 

A l’école aussi la laïcité est en danger !

 

Alors que l’enseignement public connaît ces coupes sombres, le ministère a décidé d’accorder des moyens supplémentaires (90 millions d’euros pour 2008) à l’enseignement confessionnel dans les banlieues. C’est une rupture sans précédent avec le principe de parité dans le financement de l’enseignement public et de l’enseignement privé et une menace pour la laïcité scolaire elle même. Cette priorité en faveur de l’enseignement privé s’inscrit dans le cadre du projet de reconfessionalisation de la société défendu par Nicolas Sarkozy . Pour Sarkozy, les religions ont vocation à accompagner le recul du service public et de ses enseignants. Ce projet passe par un dénigrement systématique du service public et des ses enseignants.  Dans son discours de Latran en décembre 2007, le président a par exemple affirmé que « dans la transmission des valeurs et de l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur ».

 

L’erreur du bas pro en trois ans

 

Aujourd’hui le bac professionnel est préparé en quatre ans après la 3ème : 2 pour le BEP, puis 2 pour le bac pro en tant que tel. Pour les meilleurs élèves, le parcours aménagé en 3 ans a été expérimenté depuis quelques années. C’est ce parcours en 3 ans que Darcos a décidé de généraliser pour tous les jeunes de l’enseignement professionnel, en sabordant au passage le BEP. Cette décision n’a aucun fondement pédagogique. Même l’Inspection générale du ministère de l’éducation nationale a conclu dans un rapport de 2005 « qu’une grande majorité d’élèves ne peut pas suivre le parcours vers un bac professionnel en 3 ans au terme du collège, et à ce titre ils ne doivent pas être oubliés. » En dépit de ces mises en garde, Darco a décidé de passer e nforce et multiplie les coups tordus. Il prétend par exemple qu’il ne ferait que reprendre une politique initiée par un ancien ministre socialiste de l’enseignement professionnel (JL Mélenchon). C’est un mensonge de plus car JL Mélenchon s’est toujours opposé au développement du bac pro en 3 ans et avait d’ailleurs à cette époque empêché sa généralisation demandée par le MEDEF (lorsque la gauche était au pouvoir en 2001).

 

L’enseignement professionnel public est vital pour le pays

 

La réforme du bas pro en 3 ans ne vise qu’à accélérer la réduction des moyens destinés à l’enseignement professionnel. Déjà , depuis 2002, 53 lycées professionnels ont été fermés par le gouvernement de droite, dont 4 rie que pour cette année scolaire. Pour poursuivre ces coupes, rien de tel que d’amputer d’un an la durée de formation! Dans ses audits officiels, le ministère des finances présente d’ailleurs le bac pro en 3 ans comme un moyen d’économiser 8.500 postes de plus dans l’éducation nationale. La seule alternative prévue par la droite pour remplacer l’enseignement professionnel est d’orienter les jeunes vers l’apprentissage privé en entreprise. Sans tenir compte de la forte précarité de cette voie de formation : près d’un contrat d’apprentissage sur 4 est rompu avant terme. Sans tenir compte non plus de l’élévation rapide des niveaux de qualification requis. En rognant sur le temps de formation et sur les savoirs fondamentaux et transversaux, on va à rebours des besoins productifs du pays. Et on compromet l’émancipation sociale du plus grand nombre. Car seul le service public peut garantir le droit à la qualification pour tous au plus haut niveau.

 

Un désastre éducatif et social pour la jeunesse populaire

 

Il suffit de regarder la réalité des parcours des jeunes de l’enseignement professionnel pour comprendre l’erreur du bac pro en 3 ans. Plus d’un jeune diplômé du BEP sur deux n’arrive pas aujourd’hui à poursuivre en bac pro. Que vont ils devenir avec la fin des BEP ? Et parmi ceux qui décrochent le bac pro, 20%, n’y arrivent qu’en 5 ans au lieu des 4 années prévues. Ils y arriveront donc encore moins en 3 ans. Des milliers de jeunes seront ainsi abandonnés par l’éducation nationale et risquent de sortir de l’école sans qualification.

Par MVR
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Commentaires

Stages de remise à niveaux, soutien des élèves en difficultés, samedi libéré pour les parents (des élèves sans difficultés)... ce n'est pas ce que demandaient les enseignants ! Moins d'heures pour les élèves (la journée de classe la plus chargée d'Europe) , plus d'aides dans les classes avec des adultes supplémentaires, des petits groupes d'élèves pendant le temps de classe, du temps de concertations entre enseignants et membres du RASED afin d'élaborer de véritables projets individualisés pour les élèves (du temps d'échanges comme dans des lieux comme des maisons d'enfants à caractère social, tous les lundis tous les membres des équipes qui ont en charge les enfants se réunissent pour faire le point et se mettre d'accord sur des stratégies d'aide...). Ce qu'on nous propose : faire un autre travail. Prendre en charge un groupe d'élèves d'autres classes que la nôtre. Elèves en difficulté, qu' enseignants quelques fois, ont du mal à cerner car elle ne correspond pas à une difficulté scolaire. Reprendre une notion abordée en classe en modifiant les approches, qui doivent rester ludiques ... Nous devons enseigner pour tous et non pas stigmatiser un groupe d'élèves, qui se trouve déjà assez différent pendant la journée de classe. Ce qu'on nous propose : de réfléchir au moment de ces groupes de soutien Sans connaître les propositions des mairies, les contraintes des ramassages scolaires, des lieux de centres de loisirs ou de garderie, de locaux quand le ménage pourra t-il être fait, si les enseignants occupent leur classe le soir ?)... Le soir serait le plus pratique pour tous (élèves et enseignants) . Déjà sur place, donc pas de déplacements pour les familles comme pour les enseignants, ni de prise en charge particulière par les mairies.... excepté l'heure du goûter ? Mais l'objection majeure est "reprendre des élèves après une journée de classe bien chargée" (de 8h jusqu'à 16h30, beaucoup d'enseignants restent sur place le midi, cela fait déjà 8h30 de présence) rajouter plus 1heure même si ce n'est qu'avec 5 élèves, c'est à nouveau une attention et un effort supplémentaire de préparation et d'enseignement... Le mercredi pose le problème de la garde des enfants des enseignants qui ne travaillaient pas le mercredi mais le samedi. Travailler mais gagner moins (frais de garde !). Le problème suivant est celui du relais avec les centres de loisirs ? Qui va accompagner les élèves inscrits au centre de loisir ? Le samedi pose le problème pour les parents des élèves en difficultés qui n'auraient pas leurs 2 jours du week end ? Quelque soit la solution choisie, elle fera des mécontents car comme d'habitude l'annonce a été faite alors que des négociations étaient en cours afin de répondre à tous ces problèmes avant de proposer cette réforme comme : - week end pour les parents, - cours particuliers pour les élèves en difficultés, - la corde sensible pour les enseignants : aider les élèves... Les élèves doivent rester au centre des préoccupations mais certainement pas être un enjeu électoral. On ne fait pas n'importe quoi avec les programmes, les orientations des élèves, les aides mises en place... On ne peut pas d'un côté dire qu'il y a trop d'enseignants et dire que l'on détient le record des élèves en difficulté, ou de ceux qui ne réussissent pas à la FAC... Il s'agit plus d'un problème de moyens que l'on est prêt à investir pour l'éducation de nos jeunes que d'échec scolaire. Si les jeunes étaient plus aidés financièrement , ils réussiraient peut être mieux à la FAC qui sont des études chères et qui ne mènent pas tout droit à un emploi... Les milieux sociaux défavorisés ne peuvent même pas payer la mutuelle étudiante et les droits d'inscription, sans parler du logement... La sélection se fait déjà à ce niveau, pas au niveau des compétences... Un enfant sait quand ses parents peuvent ou ne peuvent pas l'aider à financer ses études ! Je connais des couples d'enseignants qui ont du faire des emprunts pour pouvoir assumer les études de leurs enfants... L'idéal : 22 élèves par classe, dès la maternelle . Des groupes de soutien ou de tutorat pendant le temps scolaire. Des adultes supplémentaires dans les écoles, collèges et lycées : assistantes sociales, éducateurs, infirmières, médecins scolaires, psychologues scolaires, maîtres spécialisés dans le handicap, surveillant, CPE, adjoints, gardiens, directeurs déchargés...L'état délègue de plus en plus ces fonctions au département ou à la région par soucis d'économie des postes budgétaires. Ma grand-mère disait : "Le plus économique n'est pas toujours le moins cher !" Sur le long terme , et le système éducatif ne peut se concevoir à échéance limitée : le maître mot devrait être "investir" et non "économies" !!!!!!!!!!!!!
Commentaire n°1 posté par sans le 25/04/2008 à 17h45
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