Partager l'article ! S'opposer pour reconstruire (extrait de la résolution finale du CN de PRS): http://www.pourlarepubliquesociale.org/article/articleview/825/1/159/ ...
On se souvient que la simple mise en cause du projet de TVA sociale avait modifié le rapport de forces entre gauche et droite entre les deux tours des élections législatives. Ceci montre qu’en se mobilisant sur quelques mesures emblématiques de la politique de Sarkozy, la gauche peut faire bouger les lignes.
C’est notamment le cas sur la mise en place des franchises médicales. Une mobilisation significative s’organise contre cette mesure. Elle rassemble un front très large au plan social, organisationnel et politique. Elle est éminemment pédagogique dans son contenu, en montrant comment la « responsabilisation » des personnes contredit le droit à la santé et ce qu’implique la privatisation rampante du secteur de la protection sociale solidaire contre la maîtrise collective incarnée par la Sécurité sociale. Les rassemblements organisés samedi 29 septembre dans plusieurs villes de France, notamment à Paris au gymnase Japy, ont été un succès. De nouveaux rendez-vous sont d’ores et déjà fixés, notamment à l’occasion de la manifestation du 13 octobre prochain. PRS se met au service de cette mobilisation. Celle-ci ne doit pas s’arrêter avec le vote du projet de loi de financement de la sécurité sociale par le Parlement. Beaucoup de nos concitoyens découvriront les franchises quand elles commenceront à s’appliquer. De plus, on sait que la droite entend faire des franchises le principal levier de remise en cause de l’assurance-maladie, par le biais d’une augmentation importante et régulière de leur montant. A terme, l’objectif du gouvernement est d’offrir aux groupes privés d’assurance un marché dont le montant pourrait s’élever à plusieurs centaines de milliards d’euros (équivalent au budget de l’Etat). C’est donc un combat de longue haleine qui commence autour de la défense de la sécurité sociale, convergeant avec la défense du droit à la retraite et posant à terme la question d’un nouveau partage des richesses dans notre pays.
Autre rendez-vous d’ampleur avec le pouvoir, les réformes de la Constitution prévues par Nicolas Sarkozy. Celui-ci prépare deux révisions décisives de la Constitution. L’une peut déboucher sur un changement de régime. L’autre sur la ratification d’un traité européen reprenant presque mot pour mot le projet de Constitution européenne rejeté par les Français. Dans leur contenu comme dans la méthode parlementaire prévue pour leur adoption, ces deux projets priveraient le peuple du droit de décider les règles selon lesquelles se prendront à l’avenir la quasi totalité des décisions le concernant. Il ne faut pas en effet se laisser abuser par les habillages du chef de l’Etat. Le pseudo « mini-traité », appellation qui n’est utilisée qu’en France, aurait rigoureusement la même portée que l’ancienne Constitution. Quant à la réforme prétendument « technique » de la Ve République, il suffit d’écouter Edouard Balladur parler ouvertement du passage au régime présidentiel, contribuant ainsi à mettre toujours davantage le pouvoir à l’abri des citoyens. Ces deux révisions doteraient notre pays des deux fondements de nature constitutionnelle qui organiseraient demain notre « démocratie ». Les principes démocratiques minimaux exigent que des décisions de cette ampleur soient prises par le peuple.
Or la gauche a les moyens d’obliger le pouvoir à recourir au referendum. La révision constitutionnelle se décide en effet à la majorité des 3/5 des députés et sénateurs. La gauche est à 8 voix du seuil du veto. On sait déjà que Nicolas Sarkozy devra compter avec plusieurs défections dans son camp. Si la gauche respecte la synthèse politique nouée au moment de la présidentielle lorsque Ségolène Royal a annoncé avoir réconcilié le « oui » et le « non » en exigeant un nouveau referendum sur tout nouveau traité, elle pourra mettre Sarkozy dans les cordes. C’est pourquoi PRS lancera une campagne pour informer les Français du contenu du nouveau traité et exiger un referendum populaire dès que celui-ci sera publié.